Affiche exposition Dior haute couture Grammaire des formes

Grammaire des Formes : Dior, Anderson et Odundo en dialogue

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Présentée seulement pendant six jours au Musée Rodin, l’exposition Grammaire des Formes offre une rare opportunité au public de plonger dans l’univers de la Haute Couture. Se dévoilant dans l’écrin fleuri du défilé Dior, l’installation met en lumière le dialogue entre les arts et savoir-faire qui ont inspiré la première collection couture de Jonathan Anderson pour la maison. Entre répliques d’archives, dessins de Christian Dior, céramiques de Magdalene Odundo et silhouettes du créateur irlandais, l’exposition est une ode à la création et au fait main.

La Grammaire des Formes et la nature au coeur de la collection Dior Haute Couture

Les défilés ont ce pouvoir fascinant de nous faire voyager. D’une part, à travers le temps. Avec le présent d’une maison qui indique les tendances des mois à venir. Et, dans le passé, avec de nombreux clins d’oeil réalisés en hommage aux créateurs s’y étant succédé.

Ils nous font voyager vers d’autres univers. Avec, pour cette collection Dior Haute Couture Printemps-Éte 2026, l’impression de se nicher au milieu d’un jardin enchanté. Tandis que les formes qui s’y dévoilent nous embarquent dans un voyage à travers les arts, ouvrant un dialogue fascinant et aux différents niveaux de lecture.

Tout ce voyage, qui repose sur une histoire écrite par un créateur au fil de ses inspirations, rencontres et collaborations, se dévoile subtilement lors de notre première rencontre avec la collection. Puis, en se posant sur chaque pièce, nous y découvrons toute la richesse de sa narration.

L’exposition Grammaire des Formes nous emmène ainsi à la découverte de la genèse de la collection inaugurale Haute Couture de Jonathan Anderson pour Dior, à travers une mise en scène élégante et immersive, célébrant l’art, la nature et la couture.

Éclosion d’une première collection Haute Couture inspirée par la nature

Pour cette première collection haute couture, ce sont deux grandes thématiques qui ont accompagné la conception des silhouettes. Dans un premier temps, nous avons la nature et ses fleurs, si chères à Christian Dior.

Ce motif, très présent dans l’histoire de la maison, a pour cette collection une symbolique supplémentaire. En effet, lors d’un rendez-vous, John Galliano a offert à Jonathan Anderson des cyclamens entourés d’un ruban noir. Cette délicate attention, offerte comme un signe d’encouragement, s’est ainsi transformée en genèse de la collection.

C’est tout naturellement que l’invitation en a pris l’apparence et que nous avons découvert la fleur portée en boucles d’oreilles maximalistes par la suite. Egalement, le décor du défilé, à découvrir lors de l’exposition, a dévoilé un plafond en verdure vallonné et fleuri. Tandis que d’autres trésors de la nature s’y sont dévoilés sous forme de pierres et fossiles, sublimés en bijoux.

Une collection aux formes mêlant céramique et couture

La seconde source d’inspiration est, quant à elle, venue influencer les courbes des silhouettes. Admiratif depuis de nombreuses années du travail de céramiste de Magdalene Odundo, Jonathan Anderson a imaginé sa collection telle une traduction des vases de l’artiste.

Ces derniers, qui s’inspirent des courbes du corps féminin, ont inspiré au créateur irlandais une nouvelle vision de la couture en cherchant, comme Christian Dior de son temps, à proposer une nouvelle interprétation de la mode.

Exposés ensemble, les pièces de poterie et les robes et sacs, pensés en reflet, offrent un dialogue autant artistique que poétique. Et nous pouvons y observer de près l’écho entre leurs délicats détails et les nuances de leur matière, entre argile et tissu.

L’héritage du fait main à l’honneur

Très attaché à l’artisanat, Jonathan Anderson a toujours mis en avant le travail fait à la main, que ce soit au sein de sa propre marque JW Anderson, ou bien lors de ses années passées chez LOEWE, notamment avec la création du LOEWE Foundation Craft Prize. C’est ainsi naturellement que son amour et respect pour ces savoir-faire délicats se retrouvent au coeur de son travail pour la maison Dior. Et d’autant plus, pour ce premier chapitre Haute Couture.

C’est avec poésie que le défilé s’est ouvert avec une vidéo mettant à l’honneur les artisans et leurs savoir-faire. Une lettre d’amour visuelle, célébrant leurs gestes, patience et rigueur. Tout un héritage, qui se transmet depuis des générations et qui a donné vie à ces créations.

Pour cette collection SS26, les petites mains des ateliers ont fait un travail minutieux et remarquable, qui souligne à quel point les techniques de la haute couture recherchent l’excellence, l’innovation, et la précision dans le détail.

Nous pensons notamment aux fleurs trompe-l’oeil portées en boucles d’oreilles et broches. A ces bijoux-fossiles aux lignes sculpturales. Ainsi qu’à ces milliers de plumes taillées en forme d’écailles. Ou bien encore, aux structures dissimulées sous les tissus voilés, offrant de ce fait une impression de volume en suspension.

Tous ces plis, revers, associations de tissus et autres travaux de bordures témoignent d’un savoir-faire exceptionnel et essentiel à préserver.

L’accès à l’exposition se fait avec un billet d’entrée au musée Rodin.

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