Berlin Fashion Week : quand les souvenirs d’enfance inspirent la mode chez Orange Culture

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L’enfance est une période particulièrement marquante dans une vie, et la disparition d’une mère aussi bien sûr est un événement très fort. C’est pour rendre hommage à sa mère décédée que le designer de la marque fondée à Lagos, Orange Culture, Adebayo Oke-Lawal, s’est penché sur le thème de son enfance, avec bien sûr plein de couleurs et de textiles différents.

Orange Culture fait partie de ces marques qui redéfinissent le luxe africain. Arborant des silhouettes gender-fluides et faisant la part belle à l’identité, la marque défilait à Berlin ce week-end pour nous présenter sa nouvelle collection, Backyards of Memory. Et nous, on a bravé le froid glacial de l’hiver berlinois (et la neige) pour assister au défilé.

la beauté et les couleurs de l’enfance

Le label Orange Culture est de retour à la Fashion Week de Berlin. À l’intersection entre le luxe moderne, l’artisanat et l’activisme, Orange Culture s’inspire largement des notions de masculinité et d’identité africaine à travers ses collections.

Si vous ne connaissez pas encore le designer Adebayo Oke-Lawal, il est encore temps de le découvrir. Après avoir été semi-finaliste du prix LVMH en 2014, il est entré dans la liste des personnalités influentes de la mode du BoF 500 et collabore avec plusieurs noms de la mode et de l’artisanat.

Pour son défilé, on s’attend bien sûr à des couleurs, et l’on est en effet enchanté par des motifs, des visuels et des superpositions vivantes. Mais ce qui est le plus touchant dans ce défilé, ce n’est pas tant l’effet coloré et vif des vêtements que la manière de mixer des tissus avec des pièces en macramé ou en crochet.

Le jardin comme mémoire de la création

Le designer, originaire du Nigeria, a construit sa nouvelle collection en prenant le sentiment de la nostalgie de l’enfance comme point de départ. Après la mort de sa mère, il s’est replongé dans ses souvenirs d’enfance, dont la plupart se sont éveillés dans un lieu très simple mais chargé de mémoires anciennes : son jardin, son backyard, comme il le dit en anglais. La cour de sa maison, où passaient amis et famille, où le soleil venait sécher le linge et où la vie prenait toute la place, d’une façon simple et tendre. Il dit à propos de sa collection qu’elle lui rappelle la protection et la vulnérabilité d’un jardin de souvenirs d’enfant. Son travail porte une attention particulière aux lumières et aux ombres, qui ont joué un rôle important dans la construction de ses mémoires et dans sa manière de faire revivre visuellement ces souvenirs.

La fin de l’enfance est la fin d’une vie

La fin du défilé s’habille de noir. Rien de surprenant par rapport au thème, mais il est agréable et nécessaire, pour apprécier un défilé, d’y trouver du sens, qu’il soit naturel comme ici, ou plus personnel ou conceptuel.

Après une sélection de modèles aux couleurs vives, on se rapproche de la fin de l’enfance, dont certains y verront une façon d’exprimer la fin tout court, avec la disparition progressive des couleurs.

Visuellement, le choix des couleurs mixées, puis monolithiques, pour terminer sur du noir avec de petites touches de couleur, du noir complet et une mariée pour le grand final, est très cohérent, et c’est évidemment tout ce que l’on aime voir dans un show.

La communauté : indispensable pour créer

Attaché à ses valeurs de partage et animé par l’envie d’inviter des créateurs à apporter, par leur travail, des émotions à ce défilé, le créateur d’Orange Culture, Adebayo Oke-Lawal, s’est entouré d’autres artistes, comme le label Kisara pour leurs sacs à main inspirés de l’instrument shekere, l’artiste Paolo Sisiano pour les peintures, Moni Morgan pour les chaussures hommes et Kkerele pour les femmes, ainsi que d’autres créatifs pour les accessoires du show, tels que King Daviid pour les ceintures, Gemz Global pour les accessoires de cheveux et In Jewels pour les bijoux.

Image en une : défilé Orange Culture, Berlin, 31 janvier 2026-Berlin ©Andreas Hofrichter

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