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Fausse Fourrure

Interview stylée d’Arnaud Brunois, expert de la fausse fourrure de luxe

Il y a des modes qu’on adore voir s’adapter et adopter une nouvelle éthique. C’est le cas par exemple de la fourrure.

Alors, oui, c’est beau, c’est chic et c’est doux, mais tuer des animaux pour se vêtir ? Objectivement, c’est dépassé et cruel.

Chez Ecopel, la fausse fourrure se réinvente moderne, tendance et surtout luxueuse.

Nous avons rencontré Arnaud Brunois, Responsable communication et développement durable à l’event Who’s Next à Paris et son énergie à développer une fausse fourrure de luxe sans cruauté animale nous a enchantés.

D’ailleurs, si vous n’avez pas pu assister à Who’s Next et que vous voulez connaitre absolument tout sur les tendances cette saison, je vous conseille de regarder le vlog de Victoria, notre sublime reporter mode tout-terrain Modalova qui s’est incrustée (enfin légalement!) à l’event.

Bonjour Arnaud, pouvez-vous nous parler d’Ecopel ?

Ecopel est une société franco-chinoise qui a vu le jour en 2004, spécialisée dans la fausse fourrure avec un concept simple : vendre une alternative éthique aux fourrures de luxe.  À l’époque, c’était beaucoup moins tendance et répandu que maintenant.

Mon job ? Assurer la protection des animaux et trouver ses matières synthétiques plus vertes pour l’environnement.

L’histoire d’Ecopel commence dans le luxe

Guess, Armani et Stella McCartney ont été les premiers à rejoindre Ecopel pour adopter la tendance de la fausse fourrure. Rapidement, la situation a évolué et c’est avec la styliste de mode anglaise Stella McCartney que la fausse fourrure a pris de l’ampleur. « Stella McCartney a des convictions très fortes, elle est végétarienne, n’utilise pas de cuir. elle était pionnière et sa vision a plu à la direction d’Ecopel. »

Le tournant éthique dans le monde de la mode arrive en 2017, lorsque la maison de luxe Gucci déclare qu’elle n’utilisera plus de fourrure animale,

Pour moi, Il y a un avant et un après Gucci. L’effet anti-fourrure devient la norme et quarante grands acteurs du textile se sont déclarés contre l’utilisation de la fourrure animale.

Votre travail consiste-il aussi à convaincre les marques de luxe de passer à la fausse fourrure ?

Oui, parce que nous collaborons avec les ONG de protection animale. Nous apprécions leurs travaux car elles ont un rôle qui n’est pas facile, celui de montrer aux marques ce qu’elles n’ont pas envie de voir : la réalité de la fourrure animale et l’élevage en batterie. C’est moche et c’est aussi néfaste pour l’écologie. Moi, j’ai le rôle positif en proposant les alternatives. Le travail associatif est capital et on ne peut pas seulement condamner les marques qui utilisent de la fourrure animale sans apporter de solution alternative.

Est-ce qu’il est difficile de convaincre ces marques ?

C’est beaucoup plus facile qu’avant, mais Il y a encore quelques marques qui continuent d’utiliser de la fourrure animale de renards ou en ratons-laveur par exemple.

Pour plusieurs raisons, une première qui est, je pense, traditionnelle. Certaines marques font des fourrures depuis longtemps, c’est une tradition ancrée et elles ont du mal à s’ouvrir vers des matières plus futuristes ou éthiques. Une raison financière également, car certains manteaux de fourrure type vison peuvent se vendre à 20 000 ou 30 000 euros.Ce ne sont pas des chiffres que l’on va faire avec de la fausse fourrure même si certaines de très haute qualité peuvent se vendre 5000 euros. Il y a donc un bénéfice que l’on peut faire avec de la fourrure animale qui fait que certaines maisons n’ont pas envie de s’en passer. C’est mon interprétation en tous les cas.

Quelle est la différence de durée de vie entre une veste en vraie et fausse fourrure?

La vraie fourrure est censée durer plusieurs décennies et c’est probablement vrai, même si je n’en ai jamais porté. La fourrure animale est traitée avec des produits chimiques, ce qui lui donne cet aspect durable. Sans ce traitement, la fourrure qui est une matière organique, ne tiendrait pas très longtemps. De plus, la fourrure animale devra être conservée l’été en chambre froide, solution très énergivore. Une fausse fourrure dure moins longtemps, de huit à dix ans, mais elle a l’avantage d’être beaucoup plus écologique. Bien sûr, il faut aussi l’entretenir, par contre, on peut la laisser en été, dans un sac à vêtements fermé.

Tous les motifs sont possibles avec la fausse fourrure! On adore l’indémodable imprimé léopard qui vous donne le droit d’être tendance et éthique en même temps! Plus d’excuses pour porter un animal mort sur le dos.

Quelles sont vos innovations ?

On s’est dit, « il faut épargner les animaux car les conditions d’élevage sont horribles ». Nous avons développé chez Ecopel trois innovations majeures de fibres textiles plus vertes et plus vertueuses pour l’environnement :

  • Le Gatcha : Fausse fourrure faite avec des fibres biodégradables. Si cette fibre tombe dans la nature, elle est dégradable en trois mois.
  • Les Fibres recyclées : Depuis 2019, nous avons sorti une très belle gamme de fausses fourrures avec 80 à 100% de fibres recyclées. Ces fibres peuvent être également recyclables.
  • Le Kanecaron : Le kanecaron, qui s’appelle aussi « mode acrylique » est une fibre extrêmement fine et soyeuse. C’est celle-là aussi qui est utilisée pour les extensions capillaires. C’est une entreprise japonaise qui nous fournit régulièrement. Le produit est d’une qualité excellente fait dans le respect de normes environnementales très strictes, labélisé Ecotext. (utilisation responsable de produits chimiques et non toxiques pour la nature ou l’humain)

Nous sommes aussi les premiers à avoir créé une fausse fourrure biofabriquée qui contient des ingrédients végétaux de maïs. C’est très intéressant d’aborder une matière différente qui a un impact environnemental plus faible que le synthétique ordinaire. Le maïs convient parfaitement aux marques de luxe car nous avons inauguré cette innovation avec la styliste Stella McCartney.

Comment sont traitées les teintures ?

De manière classique, avec des produits chimiques naturels ou synthétiques. Les mêmes utilisées par tous les confectionneurs textiles. Nous avons un projet qui est confidentiel pour l’instant avec un grand groupe de luxe qui va permettre de travailler les teintures de manière plus éco-friendly.

Les produits chimiques pour la teinture consomment beaucoup d’eau. La solution que nous apportons est d’utiliser une unité de retraitement des eaux. Nous arrivons à réutiliser 99% de nos eaux usées. La consommation d’eau est un des soucis de l’industrie textile en général.

Chez Ecopel, nous sommes au maximum durables sur toute la ligne et nous apportons une solution à chaque étape de la production. Du choix de la fibre à la teinture, du recyclage de l’eau jusqu’à la fin de vie de la fourrure où l’on encourage le recyclage. Pour améliorer notre impact à la fin de vie du produit, nous évitons d’utiliser des fibres mêlés qui sont très difficiles à recycler.

Est-ce que l’opinion publique compte ?

On ne peut plus échapper à ces images de maltraitances animales et l’intérêt c’est qu’elles viennent des ONG. Je crois beaucoup au pouvoir des ONG et des lanceurs d’alerte qui sont à l’opposé du langage lissé des lobbies.Si vous regardez les sites des lobbies de la fourrure ou de la laine, on a l’impression que les animaux sont heureux de mourir pour finir en veste. Pour moi, ce travail sur les réseaux sociaux rétablit une part de vérité.

Est-il nécessaire de montrer des images choquantes pour avancer ?

Je pense que c’est important sans non plus assommer les gens. C’est capital de proposer des alternatives et d’être honnête. C’est ce que nous faisons à Ecopel : Si vous êtes une marque et que vous voulez faire de la fourrure choisissez la fausse fourrure, c’est mieux de ne pas tuer d’animaux. Si vous voulez être 100% écologique, faites plutôt du lin ou du chanvre car les matières synthétiques ce n’est pas idéal. Nous ne sommes pas du tout dans le greenwashing. Je le dis ouvertement, si vous avez un doute, ne faites ni l’un ni l’autre. La fourrure animale a un grand impact sur l’écologie il ne faut pas l’oublier.

Vous collaborez avec PETA UK sur un sujet qui touche la famille Royale ?

On a une super collaboration sur un sujet particulier : les chapeaux de la garde royale, qui sont fabriqués en peau d’ours noir. Personne ne savait, et franchement, il n’y a plus d’excuses à tuer des centaines d’ours par an pour faire des ornements quand des matières alternatives existent. On mène cette campagne depuis plusieurs années avec PETA UK et on espère qu’en 2023 avec le nouveau Roi Charles III, cette pratique va s’arrêter.

Pouvez-vous pour finir, nous parler de l’initiative Seaqual ?

C’est un projet génial qui me tient beaucoup à cœur, car j’adore la mer. Seaqual est un organisme basé en Espagne qui collecte les déchets plastiques dans la mer. Les filets de pêcheurs ramènent autant de plastique que de poissons, c’est vraiment affolant! On récupère le plastique pour le retravailler. Les fibres recyclées ne sont pas toujours faciles à manier, mais nous sommes à 100% licenciés Seaqual et à notre niveau, nous aidons à nettoyer les océans.

💡Je vous ai donné des idées de shopping fourrure ? Quoi de mieux que de se ruer sur le pionnier de la fausse fourrure de luxe Gucci avec ce sublime cardigan en fourrure synthétique

💡Visitez l’Instagram d’Ecopel pour en savoir plus sur la fausse fourrure ou allez voir leur showroom à Paris.

On s’incruste au Fashion Event Who’s Next 2022

💡Suivez l’incruste de Victoria à Who’s Next pour connaître les tendances de cette saison avant tout le monde! (spolier : les couleurs sont à l’honneur)

Image en une : © Ecopel

J'explore les tendances modes et pop culture. Je vois la mode comme un fascinant sujet d'étude et j'adore décrypter les styles. Je vous fais découvrir la mode éco-responsable à travers le monde et les nouveautés tendances.

Rédactrice Mode